Bien que le Guatemala ne compte que 10 millions d’habitants, c’est l’un des pays les plus peuplés d'Amérique centrale, soit une densité de 119 habitants au km2. Mais la population est inégalement répartie sur le territoire. Les terres du Nord sont très peu peuplées et la majorité des habitants est concentrée sur les hautes terres de l'Ouest et du Centre. En août 1994, la COPREDEH, la Commission présidentielle de coordination de la politique du pouvoir exécutif en matière de droits de l'homme (Comisión Presidencial Coordinadora de la Política del Ejecutivo en Materia de Derechos Humanos), publiait un document sur les populations autochtones du Guatemala. Cette commission indiquait que, selon les résultats du recensement de 1989, la population du Guatemala était de 8,6 millions d’habitants (elle était estimée à 10,8 millions en 1998). La population autochtone était, pour sa part, évaluée à 5,4 millions d’habitants, soit 59 % de la population totale. On croit aujourd’hui que près de 55 % des Guatémaltèques sont des «Indiens» descendants des Mayas; on compte 44 % de Métis (les «Ladinos») et 1 % de Blancs. Les locuteurs de l’espagnol comme langue maternelle sont minoritaires au Guatemala: ils forment 42,5 % de la population. Toutefois, l’espagnol est toujours la langue officielle et la langue de l’État. Dans les écoles, les centres de services sociaux et services de santé, les bureaux, etc., la langue espagnole s’impose partout. Selon l’Académie des langues mayas du Guatemala, il existe 21 langues mayas officiellement recensées et, en vertu d’un décret gouvernemental du 23 novembre 1987, chacune de ces langues dispose d’un alphabet officiel. La langue maya constitue en fait une famille linguistique comptant une trentaine de variétés linguistiques parlées dans une grande partie du Guatemala, mais aussi au Mexique (dans les États du Veracruz, du Yucatán, du Campeche, du Tabasco et du Chiapas) et dans certaines régions du Belize, du Honduras et du Salvador. Les Mayas de la péninsule du Yucatán formaient le principal peuple de ce groupe, auquel ils donnèrent leur nom; les autres, d'importance politique moindre, étaient les Huaxtèques du nord de Veracruz, les Tzentals de Tabasco et du Chiapas, les Chols également du Chiapas, les Quichés, les Cakchiquels, les Pokonchis et les Pokomams des hauts plateaux du Guatemala, ainsi que les Chortis de l'est du Guatemala et de l'ouest du Honduras. Depuis la conquête espagnole, beaucoup de tentatives ont été faites pour supprimer les langues mayas, mais celles-ci semblent connaître un certain essor, quoique bien limitée. La plupart des Mayas (Chujs, Kakchikes, Quichés, etc.) du Guatemala vivent dans des villages dispersés au milieu des régions montagneuses de l’Ouest. Les autochtones sont concentrés dans cinq départements des montagne du Sud, où ils composent bien 90 % de la population. Environ trois millions d'habitants, soit 32 % du total, communiquaient au sein de leurs groupes respectifs dans l'une des langues autochtones, soit 29 % en quiché, 25 % en kakchiquel, 14 % en kekchí, 4 % en mam, et les 28 % restants, dans d’autres langues telles que le pocomchí, le pocomam, le tzutuhil, le chortí, le canjobal, l'aguacateco et le maya. Le document de la Commission présidentielle de coordination de la politique du pouvoir exécutif en matière de droits de l'homme (COPREDEH) révélait aussi qu’il existait dans certaines régions du pays des pourcentages élevés d'autochtones utilisant une seule langue:
De leur côté, les organisations mayas estiment qu'il existe 20 communautés linguistiques dans le pays et que le quiché est parlé dans 75 municipalités, le mam dans 56, le kakchiquel dans 49 et le kekchí dans 23. Cependant, ce sont les citoyens les plus pauvres du pays, alors que le Guatemala reste le pays le plus pauvre de l’Amérique du Sud après Haïti. Bref, les descendants de l’antique empire maya vivent aujourd’hui dans la misère. Les habitants mayas de ces régions revendiquent la reconnaissance de quatre «peuples» dans le pays: les Mayas, les Incas, les Garífunas et les Ladinos (Blancs ou Métis aux ancêtres espagnols). Ils veulent que chacun de ces peuples désigne leurs représentants au gouvernement, ainsi que la reconnaissance des langues mayas, au même titre que l'espagnol, comme langues nationales. La civilisation maya est apparue environ 1 000 ans avant notre ère. Elle s'est développée dans presque tout le Guatemala actuel. Pedro Alvarado, un conquistador espagnol, détruisit et soumit brutalement les peuples maya d'Amérique centrale entre 1523-1527. Le Guatemala s'émancipa de l'autorité espagnole en 1821, faisant alors partie du Mexique. Très vite, il se sépara du Mexique pour former avec d'autres régions les Provinces unies d'Amérique centrale. Une guerre éclata en 1838 et s'acheva en 1840, à travers laquelle le Guatemala acquit son territoire actuel. Durant près d'un siècle, nombre de dictateurs se succèdent et assurent l'intégrité incontestée du monopole états-unien sur le pays, via la United Fruit Company. En 1945, Juan José Arévalo, le président nouvellement élu, instaure une nouvelle ère d'investissements sociaux, ainsi que d'un code de travail et du droit de grève. Jacobo Arbenz, son successeur, fait adopter le Décret 900, ou la loi de la réforme agraire. Celle-ci, qui oblige entre autres la United Fruit Company à céder une partie importante de ses terres en friche (donc inutilisées), a un effet foudroyant aux États-Unis. La Central Intelligence Agency (CIA), poussée par le lobbyisme de la United Fruit Company et par le gouvernement des États-Unis, déclare l'état guatémaltèque ennemi communiste. Le futur dictateur, Carlos Castillo Armas fomente un coup d'état de concert avec la CIA et fait tomber le gouvernement Arbenz Durant les années suivantes, la résistance paysanne tentera tant bien que mal de s'organiser. Dans les années 1960, un mouvement de guérilla parviendra à s'organiser, regroupant idéologues de gauche, plusieurs officiers rebelles ainsi que de nombreux paysans. Le coup d'état du Général Efraín Ríos Montt annonce le moment le plus sombre de l'histoire guatémaltèque. Ce dernier met en place, peu de temps après son entrée au pouvoir, les Patrouilles d'autodéfense civiles (PAC), miliciens recrutés de force par l'armée et ayant comme objectif d'éradiquer la guérilla. Le général met en action sa politique de la "terre brûlée": ainsi, 440 villages seront complètement rasés, près de 200 000 mayas seront massacrés ou encore jetés par hélicoptère dans l'océan pacifique. 40 000 réfugiés fuient vers le Mexique. La guérilla réagit en mettant en fondant un mouvement armé, l'UNRG (Union nationale révolutionnaire guatémaltèque). Le conflit prend alors des allures de guerre civile. En 1986, les pressions paysannes ont raison des régimes dictatoriaux: l'élection du président Vinicio Cerezo remet le pouvoir aux mains des citoyens. Son sucesseur, Jorge Serrano, fomente un nouveau coup d'état mais est finalement destitué peu de temps après. L'état passe alors sous mandat de l'ONU, en 1994. Le 29 décembre 1996, un accord historique est signé avec la guérilla et le conflit prend fin. Alvaro Arzu devint président en 1996. Des élections démocratiques sont organisées en 1999. Le mandat présidentiel d'Alfonso Antonio Portillo Cabreras débuta le 14 janvier 2000. Óscar Rafael Berger Perdomo, l'actuel président accède au pouvoir dès 2003, à la tête d'un parti pro-états-unien.
Nous savons que dans des temps très reculés, les Mayas vivaient sur le littoral atlantique du Mexique, d'où ils descendirent vers l'Amérique Centrale en remontant l' Usumacinta pour arriver au Peten. Un vieux groupe Maya, Les Huastèques, resta cependant dans le nord, dans la région allant de Veracruz à Tamaulipa. C'est peut être l'expansion des Nahuas qui coupa en deux le peuple Maya en rejetant un groupe au nord et l'autre au sud. Les groupes rejetés vers le sud sont ceux qui développèrent la grande civilisation Maya. Au commencement de la période historique, ils vivaient dans un triangle délimité par Palenque, dans le Chiapas, Uaxactun, au Guatemala, et Copan, au Honduras, un aire très importante avec des voies de communication très difficiles, au milieu de la Jungle, traversée par de grandes rivières, comprenant le bassin de l'Usumacinta, le peten guatemalteque et les vallés du Motagua et du rio Copan. En dehors des monuments que les anciens Mayas ont laissé, nous ne savons rien de l'histoire des hommes qui ont fondé Tikal, Palenque et Copan. Mais, si comme nous l'avons vu, il n'y a pas de traces écrites, les monuments sculptés sont éloquents quant à ce sujet. Une des pratique les plus anciennes fut d'ériger des stèles pour commémorer ou marquer des événements historiques; auparavant on érigeait des stèles de façon irrégulière; puis on les érigeait selon une certaine périodicité, généralement à la fin de chaque Katun, période cyclique de 20 ans. Ces dates ont pu être lues grâce à la clé que nous a donné Landa. Les mayas construisaient leur calendrier à partir de la date légendaire de 3113 avant J-C, et ils utilisaient des unités de temps plus importantes telles que le Baktun, période cyclique comprenant 20 Katun (c'est à dire 400 années Mayas, correspondant à 394 de nos années). Les premières dates historiques et non mythiques que l'on connaisse sont celles du huitième Baktun, et elles deviennent particulièrement nombreuses au cours du neuvième Baktun, pour diminuer ensuite et disparaître sur les sculptures au cours de cette période. En mettant en relation les calendriers Mayas et Chrétiens, On a pu déchiffrer de nombreuses dates inscrites sur les linteaux, les escaliers et les temples. C'est probablement au cours du 10 ème siècle que les Mayas de Veracruz et du Tabasco commencèrent à bouger en direction du Peten, en suivant la route naturelle de l'Usumacinta. La cité arquéologique qui possède la date gravée la plus ancienne est celle de Uaxactun, dans le Peten, avec le neuvième jour de l'année 328, date correspondant à l'érection d'une pyramide proche, la E-VII sub. Palenque, Tikal et Copan ont sans doute des dates plus anciennes, mais elles furent probablement gravées dans le stuc, le bois ou peintes et n'ont pu par conséquent arriver jusqu'à nous. Après la stèle 9, Uaxactun a continué à ériger régulèrement des monuments: sur les stèles 18 et 19 ils gravèrent l'année 357; sur la stèle 5, l'année 358, et ainsi jusqu'au 9 ème siècle. Au 5 ème siècles les dates deviennent plus nombreuses. Les stèles indiquent les centres urbains qui surgissent peu à peu dans l'aire: Balakabal, dans le Peten; Campeche, 405; Uolantun, 409; Tikal, 416; Copan,465; Oxkintok, 472; etc... Au 6 ème siècle les centres importants de l'Usumacinta commencent leur expansion historique: Yaxchilan, Piedras Negras et Palenque, ainsi que Tonina, dans le Chiapas, Calakmul, au Yucatan, et Rusilha au Guatemala. La colonisation du Yucatan s'est don faite en suivant la route du Golfe et des Caraibes. Un siècle plus tard commence l'âge d'or de l'Ancien Empire: de 633 à 830, dans la seconde moitie du 9 ème Baktun, on sculpte les stèles les plus belles, les linteaux les plus fins, on érige de somptueux édifices et on constuit les escaliers les plus artistiques. Au cours de ce siècle Palenque devient la Mecque religieuse par excellence: dont l'architecture ne sera jamais surpassée, ses stucs gravés de scènes historiques resteront des chefs d'oeuvres impérissables, tandis qu'au point de vue intellectuel et, particulièrement dans le domaine de l'astronomie, elle surpassera les autres cités Mayas. Un siècle plus tard, Copan prendra à Palenque cette place, pour décliner au début du 9 ème siècle et s'effondrer définitivement. Quiriqua brillera cependant encore quelque temps, survivant aux cités Mayas les plus tardives du Peten telles que Ixkun, Nakun, Sibal et El Naranjo. Mais déjà, au milieu du 9 ème siècle, les dates Mayas commencent à se faire moins nombreuses et à disparaître. La dernière que l'on connaisse dans une cité Maya est celle de la stèle 12 de Uaxactun, 889 (contemporraine de la stèle 9 de Oxpeinul et de la stèle 10 de Xultun). On ne connait qu'une seule date du dixième Baktun: celle de la plaque de Jade de Tzibanché, dans le Quintana Roo, en 909. Alors, comme on l'affirme de façon lapidaire, "la solitide et le silence se fit dans les cités Mayas". Les migrations vers le Yucatan s'intensifièrent et les mouvements de population emportèrent des groupes et en fixèrent d'autres, mais quoiqu'il en soit on commença à noter un déclin dans l'art. Diverses hypothèses ont prétendu expliquer l'abandon des cités Mayas du sud : des changements de climats, des fièvres et des épidémise, des problèmes agicoles, des guerres, etc... qui rendirent inhabitables ces régions. Morley pense que l'épuisement des terres a poussé les populations vers le Nord; Thompson, au contraire, penche plutôt vers une prédominance de la vie paysanne au détriment de la vie religieuse; d'autres voient dans cette destruction la main Olmeco-Toltèque qui, en pénétrant le long de l'Usumacinta vers 895, aurait assujetti cette culture en repoussant ses restes vers le Yucatan. Que ce soit pour une raison ou un autre, le fait est qu'au 10ème siècle la jungle commença à envahir les vieilles cités. Si quelques un persistèrent dans ces cités, c'étaient des paysans, peu religieux, qui laissèrent des restes de poteries, mais qui jamais n'érigèrent de stèles ni de palais. Quand Hernan Cortes traversa l'aire de l'Ancien Empire, dans le bassin de l'Usumacinta comme dans le Peten, les cités Mayas avaient été abandonnées depuis longtemps et il n'en restait aucun souvenir . |
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